Reprise de la compétition le week-end dernier avec les traditionnelles foulées de Bayeux. Je suis inscrit cette année sur le semi-marathon. Une course dont les intérêts sportifs sont limités mais qui est sentimentale pour moi. J’y courais quand j’étais gamin et puis à l’adolescence j’avais participé en off avec des potes. Depuis, c’est un peu le rendez-vous de début de saison sur route. J’essaye toujours d’améliorer mes records soit sur 10k, soit sur semi.
Du flow au flou
Sans vouloir comparer l’incomparable, je me dis que l’année dernière, j’avais une super forme. J’avais pour objectif 1h27, 1h28 et j’avais finalement atteint 1h26m36sec. Au delà du temps, je garde mon meilleur feeling de course sur ce semi. J’avais atteint ce que cherche le coureur, le flow.

Le flow: c’est un moment de plénitude quand ta forme physique et mentale est à son top. Que les difficultés de la course ne te semble pas insurmontables, que ton objectif semble réalisable et que rien ne peut t’en empêcher. On appelle ça aussi le mode machine de guerre !

En tout cas, je restais sur un souvenir très positif de cette course. Pour en avoir discuté avec Loic Letellier avant son championnat de France de Cross 2018 à Plouay, je gardais cette pensée en tête. Il me racontais avoir réalisé une excellente course aux inter-departementaux sur ce circuit en 2008. Apres une année sportive blanche en 2017, ce souvenir lui a permis pour son retour au top niveau de l’aborder avec moins de stress et d’appréhension.
Voir le positif d’une situation passée pour sortir le meilleur.
Alors je ne vais pas comparer mon niveau avec celui de Loïc Letellier mais cette petite discussion m’a permis de mieux relativiser ma préparation.
J’arrive sur la course avec un entraînement un peu limite dans le temps mais assez qualitatif tout de même. J’ai réussi à suivre mon plan de reprise quasi à la lettre.

4 semaines :

semaine 1 – 4 sorties – 68k – crossfit

semaine 2 – 2 sorties – 34k

semaine 3 – 3 sorties – 47k – crossfit/natation

semaine 4 – 3 sorties – 48k – crossfit
Parenthèse : Saint-Patrick et performance
J’adore les expériences combinant soirée et course le lendemain. Comme quoi, je suis vraiment un coureur en carton. Ce samedi, c’était la fête nationale Irlandaise et il fallait bien fêter ça ! Le point positif, c’est qu’à aucun moment je ne me suis stressé sur ma course par contre mon transit a pris assez cher… bref si je pouvais faire passer cette expérience pour scientifique, je conclurais que la Guiness n’a pas un effet positif physiologique notable sur la performance sportive.


Passons à la course
Départ dans l’après-midi, je retrouve tous les coureurs du Club du Sport, les connaissances Bayeusaines et sportives. Avant de partir je scelle definitvement l’objectif : moins de 1h30. Je pars plus tranquille que l’année passée. Maintenant, je connais bien le parcours et ses difficultés. L’avantage de cette édition, c’est le vent d’Est qui nous pousse dans le faux-plats montants. Je gagne jusqu’à 10sec sur certaines portions.
La première boucle de 7k me permet de peaufiner mon échauffement. Nous sommes un groupe de 4/5 coureurs. Devant moi, je garde Emmanuel et Benoît en ligne de mire à 150/200m. Ils sont partis plus rapide que moi – objectif 1h25 pour eux.
Sur la seconde boucle, je garde une belle constance sur mon allure même si j’avais l’impression de ralentir quand j’accelerais et d’accélérer quand je stagnais… Je cours en binôme une bonne partie de la course avec un runner du Val de Saire. On ne coopère pas vraiment, on court différemment. Il est beaucoup plus irrégulier et attaque les tape-culs tambours battants alors que je suis plus à relancer sur le plat. Benoît et Emmanuel se rapprochent, ils sont à moins de 50m.29405170_10160082555745332_1569800787_o
A la fin du second tour, je vois Nath et les enfants ça me redonne de l’énergie. Je ne lache rien, je continue sur ma lancée. J’ai des petites douleurs qui ont voyagé des chevilles aux ischios mais rien de grave. Par contre je sens mon genou qui couine dans les descentes à surveiller pour la suite.
Troisième tour, je suis dans le dur à partir du 16eme kilomètre. Je lache tout de même le coureur du Val. Je déroule sur la fin, je reprends Benoît et quelques coureurs dans les deux derniers kilomètres avant de l’arrivée. Je prévois une arrivée tranquille mais un coureur récalcitrant tente de me reprendre dans la dernière ligne droite. Un peu con, voir complètement, je sprinte. A priori, il m’en restait un peu dans les chaussettes. J’ai une furieuse envie de pleurer à l’arrivée mais ça ne sort pas. Je suis tout de même rempli d’émotions pendant quelques instants. Heureux d’en avoir terminé. Je pense avoir vu 1h27 au chrono officiel. Je stoppe mon chrono. Je regarde 1h26m59. Top! Quel chrono, je suis super content. J’ai fait la course au feeling sans regarder la montre. Je suis très satisfait et plus que rassuré. Le chrono officiel sera de 1h26min44 et à ma montre 1h26min40 soit à 6sec de mon record.
Pas le temps de prendre froid (il faisait 4°C) je pars à la douche, je démonte les stands vestiaires du Club et je vais prendre un pot avec les copains.
Merci Anne-So et Emerick pour les douceurs d’après course.
Merci au coach Martial, grippé mais présent.
Merci à Nath et aux kids pour les encouragements.