Initiation à l’Ultra Trail

Pour une première, on va dire que je n’ai pas vu les choses à moitié. Sous l’impulsion de Matthieu, je me suis inscrit à l’une des courses les plus dures du monde, j’ai créé un team trail #aventuratrailers (avec Matthieu, Nicolas, Damien et Olivier), je me suis investi dans le trail (surtout mon porte monnaie). Bref, ultra motivé pour cet ultra bien nommé, la Mitic. Une balade de santé à travers les Pyrénées Andorrans quelques 112 km avec 9700D+ (et D-).

Van de champion pour le voyage, Hoka One One Speed Goat aux pieds, maison dans la montagne, Camera bandit de chez TomTom pour filmer nos aventures, on a vu les choses en grand pour notre première.

5 Aventura Trailers prêts à affronter la montagne !

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Toujours plus dur

22h00, Ordino, départ au soleil couchant. Dès le début, j’ai le haut du corps tétanisé, toutes mes contractures dorsales se réveillent dès le premier mètre. Un pur bonheur :-(. Je suis crispé comme jamais, le pire départ de toutes mes courses. Je me dis qu ça va être très long surtout pour Matthieu qui essaye de me parler mais auquel je ne peux pas répondre.

01h05, pied du Comapedrosa, le début de la « Tuerie ». Un mur nous fait face 3km avec 882m de dénivelé positif, je me dis que c’est peut-être mieux de le faire de nuit. Au moins, on ne voit pas trop ce qui nous attend. Je ne vois tellement rien que je m’explose le genou sur un rocher. Du sang qui coule et la mâchoire serrée pas le choix que de continuer.

Super le sommet ! ah non…

Oh on arrive ! ben non…

Yes on y est ! oh putain… il y a du vent, il caille… on redescend non ?

Super ça va être cool ! ah non, c’est super technique, attention cailloux, attention ça glisse, attention rocher, attention névé glissant (c’est bon, je suis déjà sur le cul).

Andorra Ultra Trail (7)

La tête (et un peu de jambe)

Le jour refait surface avant le ravitaillement de la Botella. On y retrouve Damien, 10 minutes derrières Matthieu et moi. Qu’est ce qu’il fait là ? Livide, épuisé, il se reposera et abandonnera. La montagne ne pardonne pas. La gestion de l’effort est primordial, il faut savoir écouter son corps, rester lucide. Le terrain est tellement technique que l’on doit garder une attention de tous les instants pour ne pas se retrouver sans s’y attendre le crane contre une roche, une cheville pliée en quatre ou le dos scarifié sur l’autel du trail.

Si tu as la chance de voir le jour, la tête va commencer à prendre le dessus sur les jambes. La course n’est pas un problème de chrono mais c’est un véritable défi contre soi, contre ses propres limites physiques et mentales. Vu le profil du parcours, je n’ai pas couru beaucoup par contre qu’est ce que j’ai monté et descendu, pouah ! Une véritable folie cette course.

Je n’avais pas vraiment étudié le parcours dans le détail avant la course et je dois dire que c’était surement mieux sinon jamais je ne me serais engagé… Il faut avoir un mental d’acier, je n’ai jamais pu me confronter à un tel défi. Même un marathon, c’est un simple jogging de reprise comparé à ce que j’ai vécu. J’accueille le soleil comme un sauveur, la nuit a été trop longue pour moi, mal à la tête. Mais le soleil est traitre. On passe la journée sous un cagnard typique de la région, ça chauffe, ça sue, ça brule.

Andorra Ultra Trail (4)

La Patience

Pla de l’Estany, Bony de la Bica, Margineda, Col Bou Mor, Claror, Col de Pessons, j’ai découpé la course en segments et ça s’enchaine. Ça parait simple dit comme ça, mais chaque segment semble toujours plus long, je me répète qu’il faut être patient que cela va passer. La patience est mon maitre mot depuis le début de la course, je me le répète dès que j’ai un coup de moins bien. Matthieu m’annonce les abandons de Nicolas et Olivier au 50ème.

On continue seuls rescapés des trailers en cartons. La fatigue est bien présente et mon corps commence à me faire défaut au 55ème, plus précisément mon genou gauche qui me lâche. Il a décidé de ne plus faire les descentes tant pis je vais continuer sans lui. 65km – Ila – ravitaillement tant espéré, convoité, j’ai soif mais je vais me faire soigner avant tout. Après manipulation, je retrouve une genou neuf, on attaque Col de Pessons, une belle partie de plaisir aussi. On avance en gérant notre effort, le soleil ne nous attend pas et se couche avant que nous n’atteignons le sommet. Dommage.

Le genou repart. Merde.

Il reste 12 km de descente jusqu’à la base vie. Merde.

Mon mental abandonne dans la descente et le corps au 77ème km après 7100D+ et 26h de course.

Pas de regret, une immense déception.

Andorra Ultra Trail (1)

C’était beau…

Il y a un attachement particulier à cette montagne. C’était beau. Les paysages resteront gravés dans ma mémoire. Je me dis que je n’ai pas assez pris le temps d’apprécier ces paysages sublimes mais qu’une partie de cette nature est tout de même restée en moi.

26h en tête à tête avec moi-même, je dois dire que ça aide à réfléchir. Les pensées, les interrogations me feront avancer, me permettront de mieux me connaître. Je me suis senti en plénitude.

Merci aux organisateurs et à ce sport, le trail. Un sport bien singulier dont les valeurs de soutien, de dépassement et d’aventure me font réfléchir sur le sens de l’esprit sportif.

Je reviendrai en Andorre, je reviendrai pour finir la Mitic.

Ciao

Vincent

Merci à Matthieu pour les photosAndorra Ultra Trail (5)