​LE DOUTE

Première journée en Andorre, le soleil s’installe enfin dans le pays. Enfin.

Je n’ai pas vu le Tour de France mais à priori les coureurs en ont bavé avec de la pluie et de la grêle. Un bel exemple qui montre qu’en montagne le temps est vraiment imprévisible et qu’il faut rester sur ses gardes. Aujourd’hui après notre picnic, nous avons essuyé un passage nuageux, le ciel s’est couvert, le vent s’est levé, la température a baissé de 10 degrés instantanément. On a vite couru à l’abri. En arrivant, j’ai pris conscience que ce trail allait vraiment être une épreuve unique, un moment de ma vie dont il sera difficile d’oublier les difficultés comme les joies.

Cette première journée,  c’est aussi un moment de partage, de discussion, 80% des sujets tournent autour de l’ultra. Même si ça permet d’anticiper notre départ, de mieux se préparer, à la longue ça peut vraiment faire douter.

Plus on en parle, plus on se rend compte du défi qui nous attend. En regardant attentivement le parcours sur une carte, on se demande bien comment on va pouvoir aller au bout. Chaque segment semble toujours plus long, et si on jète un coup d’oeil au dénivelé en plus, ça devient suicidaire. Il faudra rajouter à ça,deux nuits de course… Bref, rien de réjouissant à première vue mais ce doute est juste un avant-goût du travail psychologique que j’aurai à faire durant la course. Il faudra avoir un mental d’acier,  une volonté sans faille.
Il est difficile d’aborder cet aspect psychologique de la course pour moi. Hormis peut-être sur marathon ou il peut y avoir un peu de psy. Sur l’ultra, il y a beaucoup de paramètres qui rentrent en compte. La fatigue, la souffrance, le manque de sommeil, la soif, la faim… Il faut essayer de ne pas trop y penser avant et de faire ce que l’on s’est dit. Depuis que je m’entraîne pour l’ultra, j’essaye de faire un travail pendant que je cours. Je pense à des choses positives. J’ai fait des tests et quand je sens que ça me motive, je le met de côté, stocké pour la course si besoin.
En tout cas après cette journée, j’ai trouvé une nouvelle source de motivation, la nature. On a traversé le parcours au détour de notre balade, nous allons vraiment en prendre plein les yeux.

Les grands espaces sauvages, pas de touristes.

UN ULTRA NORMAND 

L’Andorre, ça a nous change de notre belle Normandie.

Courir en Normandie, c’est sympa mais bon en terme de dénivelé, c’est léger. Il faut faire un peu de route pour trouver du d+. Il faut toujours bien planifier ses sorties pour trouver un équilibre entre fatigue, boulot, famille, amis… Le plan d’entraînement pour l’ultra… Perso j’ai essayé de planifier un peu mais ce n’est pas facile de s’y tenir. Surtout que s’entraîner, c’est top mais il faut compter avec les blessures. Quand on reprend si vite il faut vraiment faire attention à son corps bien s’imposer des temps de repos. Mon bilan, 3 blessures en 6 mois.

Question diététique, je déteste les barres chimiques, j’ai opté pour des barres home made et une alimentation bio. Sinon je n’ai pas changé mon alimentation et mes boissons. La aussi. c’est freestyle. Mais est ce qu’il faut se restreindre ? Se frustrer ? Je ne crois pas.